

Le syndrome de résignation (uppgivenhetssyndrom, en suédois) est une pathologie qui touche des enfants de familles demandeuses d'asile confrontées à une procédure longue et à la menace d'un renvoi. C'est en Suède que le phénomène a été identifié, dès la fin des années 1990 ; plusieurs centaines de jeunes y ont été pris en charge par des médecins et des services de pédopsychiatrie suédois. Ils étaient d'abord originaires d'ex-URSS et des Balkans, puis plus récemment du Moyen-Orient.
Il se traduit par un retrait progressif — dépression, apathie, mutisme — jusqu'à une immobilité quasi totale et un état proche du coma, pouvant nécessiter une alimentation par sonde et durer plusieurs mois, parfois plusieurs années. Le déclencheur le plus souvent observé est le rejet définitif de la demande d'asile de la famille ; l'amélioration ne survient presque toujours qu'après l'obtention d'un titre de séjour.
Le Dr Elisabeth Hultcrantz, médecin suédoise qui a suivi plus d'une centaine de ces enfants, décrit ce repli comme une forme de protection face à une situation devenue insupportable. Le syndrome demeure largement mystérieux : aucune cause unique ne fait consensus. On peut le voir non comme une pathologie qu'on soigne, mais comme un sommeil habité, où l'enfant continue, ailleurs, à chercher une issue que le réel lui refuse.
Le film s'appuie sur de véritables témoignages, des recherches documentaires et des rencontres avec des familles concernées. Les réalisateurs ont été accompagnés par le Dr Elisabeth Hultcrantz, et des images documentaires issues de Réveil sur Mars (Dea Gjinovci) figurent dans le film, rappelant que derrière le conte se trouve une réalité politique et humaine bien réelle.